Vessel Streaming

L'artiste

Liat Segal [1979, Israel] vit et travaille à Tel Aviv.

L’artiste en arts médiatiques contemporains fait fusionner l’art et la technologie. Dans ses travaux, Segal exploite des informations, des logiciels et sa connaissance de l’électronique et de la mécanique pour construire des installations et des machines qui connectent le monde physique aux mondes virtuels. Elle observe les incohérences et les dissonances qui résultent de la rencontre entre des vies personnelles et des enjeux créés par des environnements qui évoluent grâce à la technologie. Il peut s’agir de problématiques telles que l’intimité face à l’aliénation, la vie privée contre la surexposition, ou des thèmes comme l’identité, la mémoire et l’originalité vus à travers la technologie.

La démarche artistique​

« J’ai tendance à voir les aspects de la vie privée et les comportements humains à travers les prismes de la technologie et de la science. Je suis intriguée par la manière que nous avons de consommer et d’analyser les informations et par les effets que les vagues d’informations ont sur nos identités propres, nos communications sociales, nos mémoires, nos choix et notre intimité. Je m’intéresse aussi à notre actuelle exposition quotidienne à la grande quantité de flux d’informations et notre capacité à nous concentrer sur les détails fugaces de ce flot incessant. J’explore les changements sociaux et psychologiques qui découlent de l’augmentation du partage des données personnelles en ligne, ces mêmes données dont nous sommes à la fois le sujet et l’acteur de par notre rôle dans le partage et la collecte d’information.

 

Ma façon de penser et mon inspiration viennent principalement de mon expérience scientifique et technologique. J’ai étudié les sciences informatiques et la bio informatique, j’ai fait des recherches sur les réseaux textuels, biologiques et sociaux. J’ai tendance à voir le monde comme des ensembles d’informations, des représentations mathématiques ou à travers des modèles biologiques. Cela se reflète aujourd’hui dans mes oeuvres. 

 

La technologie est mon matériau, qu’elle soit traditionnelle et utilisée communément ou qu’elle incarne une démarche artistique. Je crée avec des technologies en les sortant de leurs contextes habituels et je leur donne des fins nouvelles et intimes, loin de leur utilité première. Les oeuvres finales comptent plusieurs dimensions : une structure physique, un mouvement et un fonctionnement mécanique, un système électronique, des logiciels et des données. L’action de construire ces machines et les activer a un sens important pour moi. J’ai le sentiment que les choix techniques que je fais affectent autant mon oeuvre finale que le toucher d’un peintre affecte sa peinture.

 

Mes installations et mes travaux ont des aspects performatifs. Je crée les conditions et je chorégraphie le mouvement mais je laisse aussi de la place au hasard. Ce hasard peut se retrouver dans le point de départ et les données, dans l’interaction avec la personne qui enclenche le mécanisme ou dans le rendu final. Après la mise en place de l’installation et l’activation de l’oeuvre, je deviens moi-même spectatrice. »

L'oeuvre

L’océan naturel tout comme la mer numérique d’informations sont encore des territoires non-conquis. À travers l’Histoire, les territoires inexplorés ont enflammé l’imagination des humains, alors qu’ils essayaient d’apprivoiser les forces de la nature et de découvrir ce qui est hors de portée. L’héritage des anciens explorateurs est maintenant dirigé vers les vastes frontières du digital. L’exposition propose des réflexions différentes sur les entreprises humaines d’exploration et de contrôle. Au coeur de deux installations, nous retrouvions les aspects complémentaires du contrôle humain : le contrôle physique contre le pouvoir de l’écriture de l’histoire (en sélectionnant et en archivant des données). Cet écho relate à la fois la tentative de contrôle mais aussi la fragilité humaine. Vessel Streaming a été exposé pendant le Festival d’Arts et de Cultures Numériques ZERO1, en 2018, à La Rochelle.

 

Une installation est composée de centaines de verres, contenant de l’eau de mer. Les verres sont positionnés à l’envers, bloquant ainsi l’eau entre leurs parois et la table qui les supporte.

Un mécanisme caché, fait de multiples aimants mobiles, forme des vagues dans les verres. Ces vagues et courants sont une représentation éphémère de vraies données de mouvements de navires sur la mer. Des informations géo-localisées, collectées sur Internet, enregistrent les positions des navires qui sont passés au moins une fois par un port donné pendant le mois précédant l’exposition. Ces informations sont retranscrites par l’amas de verres.

Simultanément, des peintures faites par une machine sont créées à partir des mêmes informations, créant ainsi des archives visuelles à la fois numériques et analogiques.

Contrairement à la première installation fluide et éphémère, ce processus collecte et préserve les données et l’histoire.

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Dossier Vessel Streaming

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